livre de Marcos

L’AMAP Colombie

Ce mardi 21 Mai à 17h (heure locale), Marcos González Pérez prendra place à l’Académie Colombienne d’Histoire (Academia colombiana de historia). Vous pourrez assister à cette session qui présentera la conférence « L’univers de la fête colombienne » (El universo de la fiesta en Colombia).

Voir ici: https://www.facebook.com/marcos.gonzalezperez.522

El próximo martes 21 de mayo a las 5pm, Marcos González Pérez se posesionará como Académico de Número de la Academia colombiana de historia. Los invitamos a asistir a esta sesión solemne en la que presentará la conferencia « El universo de la fiesta en Colombia ».

Colombie : rituels et festivals de la nature – 24 avril 2021

Le chiffon rouge

Marcos González Pérez, Historien.

margonza1marcos@gmail.com

Avril 2020, Bogotá.

Pendant que se déroule la quarantaine nationale décrétée par le gouvernement central (en mars et avril 2020) espérant – grâce au confinement des personnes pour éviter la contamination du virus COVID-19 en même temps que l’engorgement des infrastructures hospitalières – avoir un meilleur contrôle de l’épidémie, on peut observer dans diverses régions du territoire national l’accrochage de chiffons rouges aux fenêtres des maisons, des appartements, des baraques ou des cabanes qui indiquent que les familles qui y résident font appel à l’aide gouvernementale, ou de toute autre aide, pour pouvoir survivre. Il y a plusieurs explications à cette pratique : elle serait apparue à la suite d’une invite à l’entraide entre voisins émanant de la municipalité de Soacha ou bien encore que cette même proposition aurait été lancée par un collectif citoyen de la localité de Ciudad Bolívar à Bogotá. Ce qui est certain, c’est que cette pratique s’est propagée rapidement à d’autres localités et à d’autres villes du pays.

Photo: Mariana Elorza Chávez. Abril, 2020. Bogotá.

Pendant la même période, on a pu constater que divers regroupements d’habitant de Bogotá, Medellín, Santa Marta, Santander, La Guajira et Sincelejo (El Tiempo, daté du 16 avril 2020) ont occupé les rues de leur quartier pour protester contre le manque d’aide du gouvernement central et régional. À Bogotá, des habitants des localités telles Ciudad Bolívar, Rafael Uribe, Suba, Usme, Bosa et Kennedy, ont bloqué des avenues et ont parfois affronté la police qui tentait, comme d’habitude, avec des gaz lacrymogènes de disperser ces manifestations. De même, on a pu entendre les concerts de casserole (cacerolazos) dans diverses villes, dont Carthagène – où ces cacerolazos soutenaient le maire contre son propre conseil municipal – mais aussi dans d’autres villes où l’on réclamait de l’aide.

Photo: Barrio Tocaimita, Localidad de Usme, Bogotá, Propiété de la Fundación Antífona

Ce phénomène a transformé le chiffon rouge en un symbole d’une nouvelle modalité de lutte sociale ainsi que l’affirme un représentant local de Usme qui constate que par manque d’aide « tout le quartier affiche un chiffon rouge aux fenêtres des maisons » (El Tiempo).

Il est évident que le chiffon rouge et la casserole servent aujourd’hui d’instruments de communication, une mise en oeuvre iconographique et sonore de la transmission, caractéristique du langage, chaque groupe social cherchant à construire et utiliser des images pour s’exprimer.

Le chiffon rouge n’est donc pas seulement une demande d’aide mais est devenu avec ces protestations le signe que la faim est bien présente.

Mais le drapeau rouge, le chiffon rouge et les morceaux d’étoffe rouge ont une histoire.

1. Selon l’historien Bronislaw Baczko (Los Imaginarios Sociales – Les imaginaires sociaux, Nueva Visión, Buenos Aires, 1979, p. 15), la nécessité pour le mouvement ouvrier au cours du XXème siècle de trouver des symboles le représentant ont poussé ceux-ci à la recherche d’un drapeau qui identifierait le mouvement. Trouver une couleur qui les différencierait de celles des États-Nation s’est réalisé, à tâtons et avec hésitation, selon Baczko, entre le rouge, le noir, l’arc-en-ciel et le bleu. Originellement, le drapeau rouge a symbolisé en France la mise en place d’un état d’urgence contre les tumultes et l’anarchie et la décision des ouvriers de se l’approprier en a changé le sens premier. La symbolique est devenue celle d’un drapeau imbibé du sang versé par les ouvriers dans leurs luttes : le rouge sert de proclamation. En Colombie, le drapeau rouge du prolétariat a accompagné la célébration des 1er mai, journée internationale des travailleurs, depuis les années 1920.

2. Dans les années 1920, en Colombie, naquit le Parti Socialiste Révolutionnaire. Il comptait en ses rangs la dirigeante María Cano, élue par les ouvriers de Medellín en 1925 comme « la Fleur Révolutionnaire du Travail ». Elle faisait ondoyer pendant ses discours un drapeau rouge, symbole des luttes syndicales. Durant le IIème Congrès Socialiste National qui eut lieu en 1920, il fut décidé que : « L’emblème du Parti Socialiste sera un drapeau rouge avec un triangle en son centre aux trois couleurs nationales. Au centre du triangle, les trois-huit seront brodés avec les inscriptions suivantes: Études / Travail / Repos ; le rouge du drapeau représentant le combat, les trois couleurs, le patriotisme, et les inscriptions brodées, le socialisme qui reconnaissait à chacun, huit heures d’études, huit heures de travail et huit heures de repos. Les sommets du triangle porteront la devise du parti : Liberté, Égalité et Fraternité » (journal La Ola Roja, chapître 2, article 17).

Durant les premières années s’est alors imposé le rituel de prêter serment au drapeau, « le morceau d’étoffe, emblème de notre lutte », dans le cadre d’une « évangélisation sociale » qui provoqua une lourde querelle avec les gouvernants nationaux qui considéraient ces rites comme autant de profanation du drapeau tricolore, emblème national (González Pérez, Marcos. Fiestas de Nación en Colombia. Academia Colombiana de Historia, 2019).

Après la dissolution du Parti Socialiste, le Parti Communiste Colombien se forme et prend comme emblème le drapeau rouge orné de la faucille et du marteau.

3. En 2011, le Parti Libéral Colombien, fondé en 1848, approuve ses statuts dans lesquels on trouve au chapitre I , l’article 2 qui précise le signe distinctif de la couleur rouge « comme interprétation de l’amour, la fraternité, la tolérance et l’emblème s’accompagnera du symbole que formera la lettre L avec celle de l’Internationale socialiste à laquelle le parti est affilié » (Statuts du Parti Libéral Colombien. PDF, sources privées).

4. Le chiffon rouge a lui aussi été lié à d’autres sphères : dans le domaine festif, par exemple, le foulard rouge (rabo de gallo) des tenues traditionnelles des hommes dansant le « sanjunaero » durant les fêtes de la Saint Jean et Saint Pierre dans les régions de Tolima, Huila et Caquetá. Le foulard faisait parti des vêtements traditionnels des paysans de ces régions. Dans le domaine sportif, le rouge est aussi une marque distinctive de différentes équipes professionnels de football en Colombie et s’est popularisé avec le slogan : « Allez, les Rouges, allez! ».

Plusieurs mouvements politiques ont surgi au XXème siècle prenant pour base le drapeau rouge en lui ajoutant des signifiants spécifiques, ce qui est évident dans le cas du Parti Communiste Colombien avec la faucille et le marteau ou dans celui du MOIR (Mouvement Ouvrier Indépendant et Révolutionnaire) qui y a ajouté une étoile jaune lié à sa tendance maoïste.

Les boucheries – encore appelées « renommées » couramment – signalent leur lieu de vente, à l’origine de viande bovine, avec un drapeau rouge. La boucherie « renommée » était une des boucheries les plus importantes de Bogotá au XXème siècle et c’est la raison pour laquelle son nom est devenu synonyme de boucherie.

Ainsi, le chiffon rouge possède des liens multiples avec l’histoire de la Colombie et autant de significations ; aujourd’hui, il ressurgit comme emblème des demandes sociales qui font que, dans les rues, les masses populaires agitent un bout de chiffon rouge en scandant : « Mieux vaut mourir du corona-virus que de la faim ».

Jeu de couleurs

Parallèlement, a commencé à émerger un jeu de couleurs très intéressant : le pourpre et le noir signalant des violences intrafamiliales ; en particulier des violences contre les femmes, en ces temps de quarantaine, qui ont obligé les autorités à ouvrir une ligne de téléphone dédiée (le 122) pour dénoncer ces horreurs, ce numéro téléphonique étant appelé la ligne pourpre. Le noir est utilisé dans le même sens et s’est déjà diffusé sur les réseaux sociaux : un chiffon noir dénonce ainsi un lieu de vie où existent des violences de genre ; autre exemple, certaines femmes discrètes laissent apercevoir autour de leur cou un fin foulard de couleur noire comme un appel à l’aide. L’Institut National de Médecine Légale a par ailleurs révélé qu’entre les mois de janvier et de mars 2020, 15440 faits de violences intrafamiliales ont été enregistrées en Colombie.

Le bleu est devenu une couleur indicatrice de problèmes de santé en un lieu. Déjà utilisé dans le slogan : « mains peintes en bleu » par une entreprise prestataire en services de santé lors d’une campagne en faveur de personnes vulnérables et sans protections face aux risques sanitaires. Ce devrait être aussi la couleur des manifestations des travailleurs dans le domaine de la santé qui protestent contre le manque de matériel approprié, pour le droit à la vie et aussi en réaction aux mauvais traitements subis par eux étant considérés comme de dangereux porteurs du virus. Plusieurs acteurs de la santé ont déjà perdu la vie et certaines parties de la population refusent leur proximité dans un acte d’une intolérance folle. Ces victimes passent alors pour des bourreaux. Fort heureusement, une autre partie de la population les applaudit pour leur présence et leur courage et soutiennent leur manifestations.

En Italie, on peut observer des enfants aux fenêtres avec des petits drapeaux arc-en-ciel, synonyme d’espérance.

C’est ainsi qu’un élément festif aussi important que la Couleur est mobilisé socialement pour identifier des situations de crise provoquées par ce virus qui s’en prend à l’humanité en ce XXIème siècle. Cette crise semble marquer l’an Un de ce siècle étant donné qu’il pourrait créer une rupture d’époque provoquée par une relation modifiée à la nature mais aussi à son prochain. Il est utile de se rappeler Éric Hobsbawm, historien, qui affirmait : « L’infinie variété de l’espèce humaine et la rapidité des changements qui ont traversé le XXème siècle, font qu’il est difficile de choisir une image d’une personne banale. Cependant, je me répète, si je devais choisir une image, ce serait une mère et ses enfants » (Eric Hobsbawm, Entretiens sur le XXIème siècle, Crítica, Barcelona, 200, p. 212).

Une politique qui considère les personnes âgées comme des « déchets », envisagés comme des fardeaux pour la vie des autres, dans le cadre de cette pandémie qui nous frappe, le symbole de l’humanité qui s’impose semble bien alors une photo de leurs petits enfants.

Même si, suivant José Saramago: « Nous saurons de moins en moins ce qu’est un être humain » (extrait du Libro de las PrevisionesLivre des Prévisions, José Saramago en Las intermitencias de la muerte, Penguin Random House, Bogotá, 2015).

(traduction lamapienne)

El trapo rojo

Marcos González Pérez, Historiador.

margonza1marcos@gmail.com

Abril de 2020, Bogotá.

Mientras transcurre el periodo de la cuarentena nacional, decretada por el gobierno central (marzo y abril 2020) buscando que con el encierro de las personas el contagio del virus covid19 y la infraestructura sanitaria, puedan supuestamente tener mayor control, se observa en varias zonas del territorio nacional la exhibición de trapos rojos en casas, apartamentos, casuchas y remedos de viviendas, indicando que las familias que las habitan necesitan ayudas gubernamentales o, es de imaginar, de cualquier proveniencia para poder subsistir. Versiones encontradas dicen que surgió de una propuesta de gobierno en la localidad de Soacha buscando que vecinos se ayudarán unos a otros, mientras que otra versión da cuenta que fue una propuesta ciudadana originada en la localidad de Ciudad Bolívar en Bogotá. Lo cierto es que rápidamente se propago a otras localidades y a otras ciudades.

Foto: Mariana Elorza Chávez. Abril, 2020. Bogotá.

Paralelamente hemos visto que sectores de moradores en Bogotá, Medellín, Santa Marta, Santander, La Guajira y Sincelejo ((El Tiempo, 16 de abril de 2020) se han tomado calles de sus barrios para protestar por la falta de ayudas de los gobiernos central y regional. En Bogotá, moradores de localidades como Ciudad Bolívar, Rafael Uribe, Suba, Usme, Bosa y Kennedy, han bloqueado vías y en algunos casos se han enfrentado con la policía que, como es costumbre, disuelve las manifestaciones con gases. De igual manera, se han escuchado los famosos cacerolazos en varias ciudades, en Cartagena apoyando a su alcalde por controversias con el Concejo Municipal y en otros lugares reclamando ayudas.

Foto: Barrio Tocaimita, Localidad de Usme, Bogotá, Propiedad de Fundación Antífona

Este fenómeno ha convertido el trapo rojo en un símbolo de otra forma de protesta tal como lo afirma un líder comunal de Usme quién manifiesta que por la falta de ayudas “casi toda la localidad tiene trapos rojos en las ventanas de sus casas”. (El Tiempo).

Es evidente que el trapo rojo y la cacerola son los símbolos que sirven hoy como instrumentos de comunicación en una clara aplicación de que lo iconográfico toma su papel de trasmisor, una característica del lenguaje, y que cada grupo social busca construir imágenes para expresarse.

Así pues, el trapo rojo no solo simboliza pedir ayuda sino que ha variado con la protesta y ya significa hambre.

Pero la bandera roja, trapo rojo, jirón rojo, tiene una historia

1.- De acuerdo con el historiador Bronislaw Baczko (Los Imaginarios Sociales, Nueva Visión, Buenos Aires, 1979, p. 15), la necesidad del movimiento obrero, en el siglo XIX, de buscar símbolos de representación orientó la búsqueda de una bandera que los identificara. Buscar un color propio, que los diferenciara de los Estados Nacionales, se hizo por parte de los obreros, según Baczko, a tientas y con dudas entre el rojo, el negro, el arco iris y el azul. Inicialmente la bandera roja identificaba en Francia la instalación de un estado de emergencia contra los tumultos y la anarquía, pero con la decisión de los obreros de apropiarse de este color le dan un significado diferente. El simbolismo ahora tiene que ver ahora con el trapo empapado de la sangre derramada por los obreros en sus luchas y por lo tanto el rojo sirve de pregón. En Colombia la bandera roja del proletariado acompañaba, desde los años 20 del siglo XX, la celebración de los primeros de mayo, como día de los trabajadores.

2.- En los años 20 del siglo XX, en Colombia, surge el Partido Socialista Revolucionario que contaba entre sus filas a la dirigente María Cano, elegida por los obreros de Medellín en 1925 como la Flor Revolucionaria del Trabajo, quién ondeaba en sus proclamas la bandera roja como símbolo de las luchas sindicales. En el II Congreso Nacional Socialista realizado en 1920 se acordó, entre otros asuntos, que “La enseña del Partido Socialista será una bandera roja con un triángulo en el centro, hecho con el tricolor nacional. Dentro del triángulo los tres ochos bordados y las siguientes inscripciones: Estudio, Trabajo y Descanso. correspondientes a cada uno de los ochos. El rojo de la bandera es emblema de combate; el tricolor, patriotismo, y las inscripciones anteriores significan que el socialismo reconoce para los individuos, ocho horas para el estudio, ocho para el trabajo y ocho para el descanso. En los vértices del ángulo irá el lema del partido: Libertad, Igualdad y Fraternidad”. (Periódico La Ola Roja, Popayán, julio 23 de 1920. Capítulo 2º, Artículo 17).

En esos años impulsaron el ritual de prestar juramento a su bandera, “el jirón rojo, emblema de nuestra lucha” en el marco de lo que denominaba el “evangelio social” lo que provocó una fuerte disputa con los gobernantes nacionales quienes consideraban estos ritos como una profanación a la bandera tricolor, el emblema nacional. (Ver: González Pérez, Marcos. Fiestas de Nación en Colombia. Academia Colombiana de Historia, 2019).

Después de la disolución del Partido Socialista aparece en los años 30 del siglo XX el Partido Comunista Colombiano que toma como emblema la bandera roja con el símbolo de una hoz y un martillo.

3.- En el año 2011, el Partido Liberal Colombiano, fundado en 1848, aprueba sus estatutos y en el Capítulo I, artículo 2º, determina como su distintivo el color rojo “como interpretación del amor, la fraternidad y la tolerancia, y su emblema se acompañara con su símbolo que es la L y el de la Internacional socialista, a la cual se encuentra afiliado”. (Estatutos Partido Liberal Colombiano. PDF, archivo protegido).

4.- El trapo rojo también ha estado relacionado con otras esferas: en lo festivo, por ejemplo, con el pañuelo rabo de gallo que se usa en los trajes de los hombres que danzan el sanjuanero en las fiestas de San Juan y san Pedro en zonas como el Tolima, Huila y Caquetá. El pañuelo era parte de la vestimenta de campesinos de estas regiones. En los deportes el rojo es distintivo de varios equipos profesionales de fútbol en Colombia y han popularizado el grito: “Dale Rojo Dale”. Varios movimientos políticos surgidos en el siglo XX han tomado esta bandera roja y le agregan un distintivo especial para identificarse con sus ideologías de origen, caso Partido Comunista con la hoz y el martillo de tendencia soviética o el Moir, con su bandera roja y una estrella amarilla de tendencia Maoista. Las carnicerías o “famas” como se les llama comúnmente identifican su lugar como espacio de venta de carne, inicialmente, de vacunos, con un trapo rojo. La fama era una de las carnicerías más importantes de Bogotá en el siglo XIX, de ahí que este nombre se propagara para este tipo de lugar comercial.

Así pues, el trapo rojo ha estado ligado a la historia de la nación colombiana por sus múltiples significados, y hoy puede resurgir como el emblema de los reclamos sociales, toda vez que ya en las calles las masas están agitando el chiro rojo bajo la consigna: “Mejor morirnos de coronarivus que de hambre”.

Faro de colores

Paralelo a ello empieza a emerger un faro de colores bien interesante: el púrpura o el negro como distintivo de violencia intrafamiliar especialmente por la violencia contras las mujeres, en esta época de cuarentena, que ha obligado a las autoridades a abrir una línea de teléfono (122) especial para denunciar estos horrores, denominada justamente línea púrpura. El negro, en el mismo sentido y ya difundido en las redes sociales. Un trapo negro es sinónimo de que en el lugar donde se coloca hay violencia de género o algunas tímidas mujeres dejan ver en sus cuellos una cinta o cordón de color negro, como pidiendo auxilio. El Instituto Nacional de Medicina Legal y Ciencias Forenses reveló que entre los meses de enero y marzo de 2020, se registraron en el país 15.440 hechos de violencia intrafamiliar en Colombia. 

El azul, como distintivo para saber que en determinado lugar hay problemas de salud. Ya utilizado bajo el slogan: manos pintadas de azul, por una empresa prestadora de salud como parte de una campaña en favor de personas en riesgos vulnerables y sin protección en riesgos de salud. Debería ser el color de las protestas de los trabajadores de la salud que tienen que manifestarse por el derecho a la vida y a que los doten de materiales apropiados para sus labores, así como a que no los maltraten por ser considerados portadores del virus. Llevan varios muertos en su gremio y sectores de la población rechazan su cercanía en un acto máximo de intolerancia. Resultaron victimarios y no víctimas, como es su realidad cotidiana. No obstante un sector de la población aplaude su existencia y coraje y apoya sus justas protestas.

En Italia, se observan niños en las ventanas con banderitas arcoíris, significando esperanza.

Así pues un elemento tan importante en lo festivo como El Color se direcciona socialmente para identificar situaciones propias de la crisis creada por el virus que ataca la humanidad en este siglo XXI, que con esta catástrofe pareciera marcar su conteo como año Uno, dado que puede crear una ruptura de tiempo signada por otras formas de relación con la naturaleza, con el otro y consigo mismo. Vale la pena recordar a Eric Hobsbawm, el historiador, quién afirmaba respecto del siglo XX. “La infinita variedad de la especie humana y la rapidez con la que han cambiado en el transcurso del siglo XX hacen verdaderamente difícil elegir un símbolo de la gente corriente. Y sin embargo, repito, si me veo en la necesidad de elegir uno escojo a una madre con sus hijos” (Eric Hobsbawm, Entrevista sobre el siglo XXI, Crítica, Barcelona, 200, p. 212).

Con la política de considerar que los adultos mayores son “desechables”, detestados como estorbos para la vida de los demás, en el marco de la pandemia que nos azota, el símbolo humano que sobresale sería una foto de nietos.

Aunque según José Saramago: “sabremos cada vez menos qué es un ser humano” (Tomado del Libro de las Previsiones. José Saramago en Las intermitencias de la muerte, Penguin Random House, Bogotá, 2015).